Dans un plaidoyer poignant adressé au gouvernement, l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation catastrophique des conditions de vie des populations fuyant les violences dans le territoire de Kouamouth.
Par la plume de son coordonnateur provincial, Jean-Jacques Issongo, l’AJDDH interpelle directement la Ministre d’État en charge des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire.Le constat est sans appel, plus de 280 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs terres suite aux exactions attribuées aux milices Mobondo.
Une partie importante de ces déplacés s’est réfugiée à Bandundu-ville, occupant des sites de fortune tels que le marché Malebo. Selon l’organisation, ces familles vivent dans une détresse sanitaire et nutritionnelle aiguë avec comme difficultés; absence d’accès à l’eau potable et à la nourriture, manque quasi total d’infrastructures sanitaires (latrines), exposant les enfants et les femmes enceintes à des risques épidémiques majeurs et l’ insécurité persistante sur la RN17, empêchant tout retour vers les villages d’origine.
L’ONG dénonce une réponse étatique insuffisante, soulignant l’absence d’un plan national de réponse proportionné à l’ampleur de la crise. Pour l’AJDDH, cette carence constitue une violation directe des articles 16, 47 et 52 de la Constitution congolaise, qui garantissent le droit à la santé, à la sécurité et à l’assistance pour les populations vulnérables
Face à l’urgence, l’AJDDH formule deux recommandations majeures au gouvernement premièrement, le déploiement immédiat d’une mission interministérielle pour distribuer des vivres et des kits sanitaires sur l’axe Bandundu-Kouamouth et deuxièmement metttr en place une coordination renforcée avec les partenaires internationaux (notamment l’OCHA) pour placer cette crise au sommet des priorités humanitaires nationales.
Alors que la situation continue de se détériorer, l’organisation attend désormais un signal fort de l’exécutif pour éviter une hécatombe humaine dans la région.
|Par Jeanpy KABONGO









