La ville de Mbujimayi a vibré ce samedi 21 mars 2026 au rythme de la tournée nationale du Programme Femmes & Secteurs, organisée par l’agence Résilience RSE. En marge de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme, cette manifestation d’envergure s’est tenue dans la salle Mohindo Nzangi de l’Université Officielle de Mbujimayi. Elle a porté sur le thème : « L’employabilité des filles, des femmes et des jeunes dans les métiers d’avenir en RDC ».
Dans leurs exposés, les panélistes ont mis un accent particulier sur les compétences des femmes à exercer tous les métiers, y compris ceux considérés comme masculins ou longtemps perçus comme des domaines exclusifs des hommes.
Mireille Muteba, conseillère en inclusion financière, a axé son intervention sur l’entrepreneuriat féminin et l’autonomisation économique. Elle a relevé la nécessité pour les femmes de passer de l’entrepreneuriat de survie vers des activités qui génèrent plus de revenus.
« Nous sommes encore au niveau de l’entrepreneuriat de survie, basé sur des activités d’autosuffisance. Il faut donc se tourner vers un entrepreneuriat qui génère plus de revenus et qui favorise l’employabilité, non seulement de celles qui entreprennent, mais aussi des autres », a-t-elle insisté.

Pour l’étudiante Jenny Mbelu, abordant la thématique de la jeune fille aspirant à l’insertion professionnelle : « Les femmes aspirent à de grands postes, à de grands emplois, mais elles doivent d’abord apprendre à entreprendre pour être financièrement indépendantes. »
Et de poursuivre : « Nous avons également fait un plaidoyer pour la jeunesse estudiantine, car nous faisons face à un défi : le manque d’opportunités de stages professionnels. Certaines institutions nous ferment leurs portes. Nous avons également recommandé que l’enseignement universitaire et humanitaire soit adapté aux besoins de la communauté et du monde de l’emploi. »
De son côté, la directrice provinciale adjointe de l’ONEM, Katokwe wa Ilunga Ivette, a abordé la question de la modernisation du service public de l’emploi, notamment à travers de nouvelles plateformes et opportunités pour les jeunes. Elle a annoncé de futures réformes à l’ONEM visant à numériser le secteur de l’emploi et à favoriser la fluidité des services en faveur des demandeurs d’emploi.

Par ailleurs, le professeur Franck Kazadi Ntita, docteur en économie, est intervenu sur le thème : « L’Université et le marché du travail : adapter la formation académique aux métiers d’avenir ». Il a insisté sur l’urgence d’engager des réformes dans le secteur de l’enseignement afin de répondre aux réalités du marché de l’emploi et de donner la possibilité aux jeunes de devenir des créateurs d’emplois.
Prenant la parole, la fondatrice de l’agence Résilience RSE, Mushiya Kabeya, a signifié que cette quatrième édition à Mbujimayi constitue un cadre de sensibilisation et d’incitation à l’action pour les femmes, en particulier celles qui doutent encore de leurs capacités.
« Il était important pour nous d’aller à l’université, là où se préparent les métiers de demain, là où se trouvent les chercheurs d’emploi, pour échanger autour des “E” : Établissement, Entreprise, État et Entrepreneuriat. Nous avons eu ici des entrepreneurs venus présenter leurs activités et partager leurs expériences. L’heure est à la jeunesse, et la jeune fille est capitale. Dans plusieurs entreprises, la présence des femmes est remarquable, notamment dans le secteur bancaire, mais aussi à la MIBA où certaines femmes sont conductrices d’engins ou ingénieures. Mais parfois, ce sont les femmes et les jeunes filles elles-mêmes qui n’osent pas, par manque de confiance. Nous sommes venus dans un cadre de sensibilisation », a-t-elle indiqué.

Cette rencontre sectorielle a réuni des femmes et des jeunes filles de différentes institutions et de divers secteurs d’activités. Elle a été organisée avec l’appui de l’Office National de l’Emploi (ONEM), qui a délivré gratuitement des cartes de demandeurs d’emploi aux personnes intéressées.
| Par Crispin Tshisambu









