À Mbujimayi, la tension monte à l’approche de la démolition des bâtiments actuels des Cliniques universitaires de Mbujimayi, sur le site de l’ancien hôpital Dipumba, en vue de la construction de nouvelles infrastructures modernes. Plusieurs notables de la ville ainsi que des journalistes ont récemment pris la parole pour dénoncer cette procédure, estimant qu’il serait préférable de construire ailleurs plutôt que de détruire les infrastructures existantes. Certains redoutent notamment une répétition du scénario de l’hôpital Kansele, où les travaux avaient connu une longue période de stagnation.
Sur les réseaux sociaux, en l’absence d’informations précises, les spéculations vont bon train. Certains vont même jusqu’à accuser le recteur de l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM), l’abbé Apollinaire Cibaka, d’être à l’origine de cette démolition.
Pour démêler le vrai du faux, notre rédaction s’est renseignée sur le dossier. Voici ce qu’il faut retenir.
Un projet porté par le Président de la République
Contrairement aux accusations et aux interprétations qui circulent, le projet de construction de nouvelles Cliniques universitaires de Mbujimayi s’inscrit dans un projet initié au niveau national, à la suite du plaidoyer formulé par les autorités académiques de l’Université Officielle de Mbujimayi auprès du Président de la République. Ce plaidoyer avait notamment été présenté en octobre 2025, lors de l’inauguration de nouveaux bâtiments sur le campus de Kansele.
Il s’agit de la deuxième phase du vaste projet de modernisation des infrastructures de l’UOM. Les fonds nécessaires à la réalisation de ces travaux ont déjà été mis à disposition par le pouvoir central.
Sur le site actuel de l’ancien hôpital Dipumba, le projet prévoit notamment la construction de nouvelles Cliniques universitaires d’une capacité de 100 lits, ainsi que 12 auditoires, un rectorat, un centre de recherche, une dizaine de résidences pour professeurs visiteurs, un complexe omnisports et un champ photovoltaïque.
Pour permettre l’aménagement du site et l’implantation de ces nouvelles infrastructures, l’entreprise SRP Construction, chargée de l’exécution des travaux, prévoit donc la démolition des bâtiments actuels, devenus vétustes après plusieurs décennies d’utilisation.
Le projet s’inscrit ainsi dans le vaste programme de construction et de modernisation des infrastructures universitaires porté par le Président de la République à travers le pays.
Des mesures transitoires envisagées
Conscient de la nécessité d’assurer la continuité des soins et des activités académiques pendant la période des travaux, le recteur de l’UOM, l’abbé Apollinaire Cibaka, a adressé, le 20 juillet 2026, une correspondance au ministre de la Santé publique, sollicitant l’autorisation de délocaliser temporairement les activités des Cliniques universitaires vers l’Hôpital général de référence de la Muya.
L’objectif est de permettre aux services médicaux de continuer à fonctionner pendant toute la durée des travaux. Dans sa correspondance, le recteur souligne l’importance de maintenir l’accès de la population aux soins dispensés par les spécialistes des Cliniques universitaires.
« Votre autorisation permettra que la population de la région de Mbujimayi continue de bénéficier de l’expertise de nos spécialistes ainsi que de nos instruments de diagnostic et de traitement dans une structure médicale publique, et non dans des structures privées. Elle permettra aussi qu’avec leurs 3.000 étudiants, nos facultés de médecine, de santé publique et de pharmacie poursuivent leurs projets de recherche et de formation dans un cadre approprié », écrit l’abbé Apollinaire Cibaka au ministre de la Santé publique.
Cette démarche vise donc à éviter une interruption des soins, mais également à préserver les activités de formation et de recherche des facultés de médecine, de santé publique et de pharmacie de l’UOM.
La Muya, une solution qui suscite des réserves
Toutefois, cette option de délocalisation vers l’Hôpital général de référence de la Muya ne fait pas l’unanimité. Des sources locales font état de certaines réserves au sein du personnel de cet établissement, qui craindrait notamment que l’arrivée des services des Cliniques universitaires n’entraîne une importante pression supplémentaire sur les espaces et les capacités d’accueil de l’hôpital.
La question reste donc de savoir comment organiser cette transition sans perturber le fonctionnement de la Muya et sans compromettre la continuité des soins offerts à la population.
D’autres alternatives sur la table
Face à cette situation, plusieurs propositions émergent au sein de l’opinion afin de garantir un fonctionnement minimum des Cliniques universitaires pendant la durée des travaux. Certains suggèrent notamment d’utiliser temporairement les auditoires de médecine situés dans l’enceinte du site universitaire pour y aménager des espaces destinés aux soins.
D’autres estiment que l’UOM pourrait, à défaut d’une solution au sein des infrastructures publiques existantes, louer un bâtiment suffisamment vaste dans la ville de Mbujimayi afin d’y installer provisoirement les services des Cliniques universitaires.
Ces différentes propositions visent un même objectif : permettre la réalisation du projet de modernisation tout en évitant une interruption des soins, en préservant les emplois du personnel médical et administratif et en garantissant la continuité de la formation pratique des étudiants.
|Rédaction









