À l’occasion du Sommet de Kinshasa dédié à l’agenda Femmes, Jeunesse, Paix et Sécurité, organisé les 3 et 4 septembre 2026 par la Synergie Mondiale des Jeunes pour la Consolidation de la Paix et la Sécurité, le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) a lancé un appel ferme aux autorités congolaises et aux partenaires internationaux. Représentant une tranche démographique majeure, les leaders de la jeunesse exigent de ne plus être relégués au rang de simples figurants lors des processus de paix, mais d’occuper des sièges décisionnels stratégiques.
Ouvrant son intervention par un constat chiffré, le Président du CNJ, Ambassadeur ClaudeMbuyi, a rappelé la réalité du terrain, la jeunesse représente aujourd’hui près de 65 % de la population en République Démocratique du Congo.
« Sur une échelle de 10 personnes, 6 sont jeunes en RDC », a souligné l’intervenant. « Si les choses ne bougent pas et que ces six personnes continuent de se plaindre, c’est qu’il y a un problème. La jeunesse doit prendre conscience de sa force démographique et de son potentiel pour résoudre la crise dans notre pays. »
S’appuyant sur le cadre normatif international notamment la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité, ainsi que la Résolution 1325 , le Président du CNJ insiste sur le fait que l’intégration des jeunes dans les instances de pouvoir n’est ni un privilège ni une faveur accordée, mais une exigence structurelle et un droit légitime.
Refusant toute approche victimaire, le porte-parole de la jeunesse a martelé que la légitimité politique s’acquiert par la compétence, la formation et la capacité à proposer des solutions concrètes.
« Être jeune n’est pas une porte ouverte en soi. À la table des décisions, on n’y va pas parce qu’on est jeune, mais parce que l’on apporte une valeur ajoutée. Pourquoi devrait-on nous inviter ? Cela dépend de notre capacité à produire des résultats face au contexte tragique de notre pays. »
Pour illustrer cette résilience proactive, Claude Mbuyi a mis en lumière l’initiative « Pedal for Peace », portée par Miguel Masaisai, un jeune citoyen parti de Goma chef-lieu du Nord-Kivu éprouvé par les conflits armés pour traverser plusieurs pays de la sous-région et l’ensemble du territoire national à vélo afin de promouvoir l’unité nationale et la cohésion.
En prévision du grand dialogue national à venir, le CNJ entend s’assurer que la représentativité ne reste pas cantonnée aux salons politiques de Kinshasa. Un périple à travers les 145 territoires de la RDC sera lancé pour remobiliser la jeunesse locale et la faire participer activement aux dialogues locaux de sécurité et de gouvernance.
Le Président Claude Mbuyi a rappelé ses démarches auprès du ministère de l’Intérieur pour imposer la présence de délégués des jeunes au sein des comités locaux de sécurité et de gouvernance dans chaque quartier, commune et avenue.
Clôturant son discours sous les applaudissements de l’assemblée, Claude Mbuyi a contesté le discours traditionnel des partenaires institutionnels, y compris de la MONUSCO, qualifiant de « piège » le fait de considérer les jeunes comme « l’avenir »
« Tout ce qui est fait pour moi sans moi est fait contre moi. Si l’on nous considère comme l’avenir, on nous écarte des décisions d’aujourd’hui. L’avenir se définit au présent. Si nous ne participons pas aujourd’hui, cet avenir ne sera qu’un rêve chimérique. Nous sommes le présent. »
Organisé sous le patronage de la Global Synergy for Peace and Security et soutenu par des partenaires multilatéraux, ce sommet de deux jours marque un tournant dans le positionnement des mouvements de jeunesse en RDC, réclamant l’accès immédiat aux leviers politiques et sécuritaires de la nation.
Par Jeanpy Kabongo Kambeta









