La députée nationale Adèle Bazizane Maheshe a adressé une question écrite au ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, sur la dégradation de la qualité des services de téléphonie mobile et d’Internet sur l’ensemble du territoire national. La préoccupation est largement partagée par les consommateurs : appels interrompus, instabilité du réseau, difficultés de connexion à Internet ou encore plaintes concernant l’épuisement rapide des forfaits data.
Cette initiative parlementaire intervient alors que le ministère a déjà engagé, depuis plusieurs mois, une série d’actions visant à améliorer la qualité des réseaux, à renforcer le contrôle des opérateurs et à étendre les infrastructures de télécommunications.
Un chantier engagé depuis les États généraux
La question parlementaire intervient toutefois dans un contexte où le dossier figure déjà parmi les priorités du ministère.
Du 27 au 29 avril 2026, Kinshasa a accueilli les États généraux des Postes et Télécommunications, réunissant les pouvoirs publics, les opérateurs, les experts ainsi que les partenaires techniques et financiers. Parmi les objectifs annoncés figuraient la modernisation du secteur, l’attraction des investissements, la réduction de la fracture numérique et l’amélioration de la connectivité dans les 145 territoires.
La question des infrastructures constitue justement l’un des principaux défis. Le Fonds de développement du service universel (FDSU) a lancé, le 30 mai à Nkamba, ses premiers sites pilotes de télécommunications dans le cadre de sa politique d’inclusion numérique.
Une nouvelle étape a été franchie en août avec la signature, entre le FDSU et les quatre principaux opérateurs – Vodacom, Airtel, Orange et Africell – des premières conventions de subvention portant sur le déploiement de 40 sites pilotes dans des zones insuffisamment desservies.
Mpanda a haussé le ton face aux opérateurs
Mais le ministre ne s’est pas limité à la question des infrastructures.
Face aux plaintes des consommateurs concernant notamment la disparition de crédits et de mégabytes, José Mpanda avait annoncé, dès le 19 août, la mise en place d’une task force avec les opérateurs de télécommunications.
Le 25 août, il a ensuite inspecté les nouveaux équipements acquis par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC). Ces outils doivent permettre au régulateur de suivre la qualité des réseaux, de contrôler les flux, de gérer le spectre des fréquences et de disposer de données permettant d’objectiver les éventuels manquements des opérateurs.
Le lendemain, José Mpanda a réuni autour d’une même table Vodacom, Airtel, Orange et Africell, ainsi que l’ARPTC et des experts du secteur. Cette rencontre a permis de dresser un diagnostic faisant notamment ressortir l’insuffisance de la couverture, la saturation de certaines liaisons, les coupures de fibre optique, les problèmes énergétiques, le vandalisme et l’insuffisance des infrastructures.
Le ministre avait alors demandé aux opérateurs de mieux protéger les consommateurs et de répondre aux défaillances constatées, notamment concernant les forfaits payés, mais affectés par les interruptions de réseau.
La question parlementaire remet la pression sur les résultats
La démarche d’Adèle Bazizane Maheshe vient donc renforcer la pression institutionnelle autour d’un dossier déjà ouvert au niveau de l’Exécutif. Elle devrait permettre au ministre de présenter devant la représentation nationale l’état d’avancement des mesures engagées, mais aussi les contraintes auxquelles le secteur reste confronté.
Quoi qu’il en soit, la batterie de mesures mises en place par le ministre des Postes et Télécommunications devrait permettre, dans les mois à venir, d’améliorer substantiellement la qualité des services fournis par les opérateurs de télécommunications aux consommateurs congolais.
|Par Arsène MPUNGA










