Les principales artères de Kinshasa offrent, ce mercredi 19 novembre 2025, un visage inhabituel. Dans les carrefours emblématiques comme Kitambo Magasin, dans la commune de Ngaliema, les véhicules se font rares, laissant les usagers perplexes dans une ville où la congestion est pourtant la norme.
En cause : le lancement, tôt dans la matinée, d’une vaste opération de vérification du contrôle technique des véhicules et de la campagne « Tosa ba Tosa yo », initiée par le gouverneur Daniel Bumba. Cette initiative vise à régulariser la circulation, réduire les embouteillages, évacuer les marchés pirates et assainir les grandes avenues de la capitale.
Des dizaines d’agents du ministère provincial des Transports ont été déployés sur les principaux axes, appuyés par des camionnettes de la fourrière positionnées aux abords des ronds-points. D’autres équipes patrouillent la ville afin de retirer tout véhicule en infraction ou mal stationné.
Mais cette opération n’est pas sans conséquences. Le transport en commun est fortement perturbé, obligeant de nombreux Kinois à parcourir plusieurs kilomètres à pied pour se rendre au travail. Par ailleurs, le coût du transport a grimpé brusquement : sur certains trajets, les passagers déboursent entre 500 et 1 000 FC supplémentaires.
« C’est la faute de l’État », lâche un passager à bord d’un minibus. « L’État est défaillant, il ne maîtrise pas le secteur des transports. Toutes ces opérations ne serviront à rien », renchérit un autre voyageur, visiblement exaspéré.
Kinshasa, mégapole de près de 20 millions d’habitants, suffoque déjà sous le poids de la chaleur, de l’insalubrité, des inondations récurrentes et des embouteillages interminables. Les multiples mesures adoptées par les autorités, tant nationales que provinciales, n’ont jusqu’ici pas permis d’inverser la tendance.
Lors du dernier Conseil des ministres, le président Félix
Tshisekedi avait d’ailleurs exprimé son exaspération face à la dégradation des conditions de vie dans la capitale, promettant des sanctions contre les responsables défaillants.
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