Une vive polémique traverse l’Église catholique en RDC après la diffusion d’une lettre critique de Emmanuel-Bernard Kasanda adressée à ses pairs de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo. Dans ce document, le prélat affirme parler « au nom de la vérité de l’Évangile » pour dénoncer la trajectoire qu’il juge préoccupante de l’institution. Il reproche notamment à la CENCO de multiplier des prises de position politiques qui, selon lui, s’éloignent de la mission pastorale de l’Église.
L’évêque de Mbuji-Mayi critique particulièrement ce qu’il considère comme un silence de la CENCO face aux violences commises dans l’est du pays, notamment les massacres attribués aux rebelles et aux forces rwandaises. Il estime que cette absence de condamnation claire contraste avec d’autres déclarations de l’institution, jugées parfois trop politiques.
Dans sa lettre, Mgr Kasanda évoque également des dysfonctionnements internes. Il soupçonne l’existence d’arrangements lors de l’élection du président et du vice-président de la CENCO, avec de résultats quasi staliniens qui, selon lui, alimentent les doutes au sein même de l’épiscopat. Le prélat pointe aussi des pratiques qu’il qualifie de tribalisme dans certaines nominations au sein des structures de l’Église.
L’évêque s’alarme en outre de certaines déclarations publiques de la CENCO, notamment celles liées à la « stigmatisation des swahiliphones », qu’il juge dangereuses dans un contexte national déjà fragile. Selon lui, ce type de discours risque d’exacerber les tensions et de nourrir des divisions pouvant mener à une insurrection populaire.
Face à ce qu’il considère comme des dérives, Mgr Kasanda affirme avoir choisi de briser le silence malgré les risques d’être mal compris. Il rappelle que la CENCO « n’est ni un groupe de lobbying ni un parti politique » et que ses positions devraient avant tout apaiser et rassembler. À ses yeux, ces tensions internes contribuent à fragiliser la foi de nombreux fidèles, certains allant jusqu’à quitter l’Église ou à perdre la fierté d’y appartenir.









