À Washington, sous la médiation directe des États-Unis et en présence de Donald Trump, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont signé ce jeudi un accord de paix présenté comme une étape décisive dans les relations parfois explosives entre la RDC et le Rwanda.
Mais derrière les sourires diplomatiques, une méfiance palpable persiste entre les deux capitales, et la mise en œuvre du texte s’annonce longue et complexe.
Dans son discours, Félix Tshisekedi a insisté sur le caractère majeur de l’engagement pris
« L’accord de Washington n’est pas un document comme un autre, c’est un tournant… une porte d’entrée vers une nouvelle ère de coopération et de prospérité partagée. La RDC prend l’engagement solennel de mettre en application toutes ses obligations qui découlent de cet accord. Nous espérons que la République du Rwanda fera preuve du même sérieux quant à l’application, tant de la lettre que de l’esprit, dudit accord. »
Pour Kinshasa, cet accord est censé ouvrir un nouveau cycle, mais rien n’est acquis. Le texte se veut historique puisqu’il vise, en théorie, à mettre fin à une guerre qui dure depuis près de trente ans dans l’Est de la RDC. Pourtant, plusieurs zones d’ombre demeurent.
Paul Kagame, lui, a adopté un ton résolument optimiste :
« Cet accord nous donne tout ce qui est nécessaire pour mettre fin à ce conflit une fois pour toutes. »
Mais derrière cette déclaration, Kigali continue d’exiger comme préalable à tout retrait de ses forces du territoire congolais la neutralisation complète des FDLR, un point qui reste vivement contesté et qui pourrait devenir l’un des principaux nœuds du processus.
Autre élément de tension : la question du M23, mouvement armé soutenu par le Rwanda selon de nombreux rapports internationaux, n’est pas explicitement prise en compte dans l’accord. Un silence qui inquiète une partie de l’opinion congolaise et certains observateurs internationaux, qui craignent que cette omission compromette la viabilité du processus.
En réalité, la mise en œuvre de l’accord ressemble à un chemin laborieux, où la confiance reste fragile.
L’avenir dira si Washington a réellement réussi à arrimer les deux dirigeants à une dynamique de désescalade durable — ou si cet accord rejoindra la longue liste des tentatives de paix avortées dans la région.
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