C’est un pavé dans le sphère du numérique congolais. Alors que les réseaux sociaux en République Démocratique du Congo sont régulièrement secoués par des scandales de fuites de vidéos intimes, la réponse du droit se précise. Dans un article scientifique intitulé « De la diffusion des sextapes sur les réseaux sociaux : Analyse de la responsabilité pénale de l’auteur primaire et du partageur secondaire en Droit congolais », publié dans la revue IRS (Vol. 4, No. 2, Mars 2026), Maître Hilaire Ntendayi, chercheur en droit du numérique, tire la sonnette d’alarme.
L’originalité de cette étude réside dans la distinction entre l’auteur primaire (celui qui capte ou diffuse initialement l’image) et le partageur secondaire. Pour le juriste, cliquer sur le bouton « partager » n’est pas un acte anodin, mais un maillon de la chaîne de responsabilité qui peut tomber sous le coup de la loi.
Cette analyse juridique arrive à point nommé pour rappeler que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit. Le chantage, la vengeance (« revenge porn ») ou la simple malveillance sont des infractions qui appellent à une sanction ferme pour restaurer la dignité des victimes.
Au-delà de l’aspect purement technique et juridique, Me Hilaire Ntendayi a choisi de donner une dimension symbolique à ses travaux. Il a dédié cet article aux femmes de Mbujimayi et, plus largement, à toutes celles dont l’intimité a été « injustement exposée ».
« En ce mois de la femme, je dédie cet article à toutes celles dont l’intimité a été exposée par vengeance ou chantage, en espérant que la justice et la conscience collective contribuent à restaurer leur dignité« , a déclaré le chercheur.
L’appel de Hilaire Ntendayi ne s’adresse pas qu’aux tribunaux, mais à l’ensemble de la société. En qualifiant ces actes d’outrages numériques aux mœurs, il appelle à une prise de conscience globale pour prévenir ces abus à l’avenir.
Alors que la RDC poursuit sa transition numérique, la protection des données et de la vie privée reste l’un des plus grands défis législatifs et sociétaux du pays.
Par Jeanpy Kabongo Kambeta









