La colère est à son comble au sein de la corporatif de la presse dans le Kasaï-Oriental. Ce lundi 27 juillet, réunism comme un seul homme, les professionnels des médias de la province ont poussé un véritable cri de détresse face à ce qu’ils qualifient de « dérive » et de « « megestion ». À l’issue d’un rassemblement de crise, ils ont officiellement désavoué le comité provincial intérimaire de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) et décidé de prendre leur destin en main.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la décision unilatérale et non motivée du comité national de l’UNPC de faire passer le prix de la carte professionnelle de 20 à 100. Pour les professionnels des médias locaux, qui travaillent déjà dans des conditions socio-économiques extrêmement précaires, cette hausse de 400 % imposée sans consultation préalable est jugée tout simplement exorbitante et inacceptable.
« On ne peut pas asphyxier des journalistes qui se battent au quotidien sur le terrain avec des tarifs hors de portée et sans aucune contrepartie tangible » , déplorent plusieurs reporters de Mbujimayi.
Au-delà de la taxe sur la carte de presse, la frustration accumulée résulte de plusieurs années de léthargie. Le comité provincial intérimaire sortant se voit reprocher une megestion caractérisée des affaires de la corporation au niveau provincial, l’incapacité chronique à convoquer et organiser une assemblée générale statutaire depuis des années, une absence totale d’initiatives pour défendre les droits et les conditions de travail des chevaliers de la plume locaux.
Face à cette impasse, la base a tranché. À dater de ce lundi 27 juillet 2026, le comité intérimaire contesté est formellement déchu. Il n’a plus aucune légitimité ni qualité pour engager les journalistes du Kasaï-Oriental, et consignes ont été données à l’ensemble des médias de la province de ne plus le recevoir à ce titre.
Pour sortir la presse locale du gouffre, un Comité de crise a été immédiatement mis en place. Dirigé par Jean-Claude Kazadi (de la radio-télévision RTF Bwena Muntu), ce bureau de transition a reçu une feuille de route claire et urgente, piloter la transition et restaurer le dialogue au sein de la corporation, organiser une Assemblée Générale Extraordinaire et enfin piloter des élections transparentes pour doter le Kasaï-Oriental d’un nouveau comité exécutif légitime.
Le message envoyé à Kinshasa et à la direction nationale de l’UNPC est désormais limpide, les journalistes du Kasaï-Oriental exigent le respect, la transparence et des réformes adaptées à leurs réalités du terrain.
Par Jeanpy Kabongo Kambeta







