Organisé dans le cadre du Walking Talk-Show du Cercle des Jeunes Engagés pour le Développement (CJED) sous le thème provocateur « Jeunesse financée, développement absent : comprendre le paradoxe », un événement tenu ce samedi 15 août 2026 au siège du PNMLS à Kinshasa a rassemblé plusieurs figures de proue du monde politique, entrepreneurial et de la société civile. Face aux opportunités de financement destinées aux jeunes entrepreneurs en République Démocratique du Congo, une interrogation de fond a guidé les échanges, la jeunesse dispose-t-elle réellement des compétences nécessaires pour transformer un capital financier en une activité viable et pérenne ?
C’est le défi majeur qu’a abordé l’Ambassadeur Claude Mbuyi, Président du Conseil National de la Jeunesse (CNJ-RDC), lors de son intervention axée sur la préparation de la jeunesse face aux opportunités. Aux côtés d’autres intervenants de marque — notamment Hervé Mukendi (Président National du CJED), Hélène Kapuku (DGA Honoraire du FOGEC),Mathias Kabeya (Gouverneur Honoraire du Kasaï-Oriental) et Callixte Kakale (Expert en marché public) , le Président du CNJ a tenu à replacer le débat sur l’entrepreneuriat des jeunes au cœur des enjeux globaux du développement durable.
Rappelant le passage historique des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) aux 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), Claude Mbuyi a déploré la méconnaissance de ces repères stratégiques par une grande partie de la jeunesse. Pour le leader du CNJ, il est tout simplement impossible de prétendre participer à l’émergence économique de la nation sans maîtriser les mécanismes et les enjeux qui régissent le monde contemporain.
S’attaquant directement au mythe du « financement miracle », Claude Mbuyi a fustigé l’illusion selon laquelle l’argent serait le seul ingrédient manquant à la réussite des jeunes. Citant la formule percutante selon laquelle « une vision sans compétence est un crime », il a mis en garde les porteurs de projets contre la tentation de vouloir devenir millionnaires sans acquérir au préalable la rigueur et le savoir-faire indispensables. Il a souligné que les bailleurs de fonds et les institutions financières recherchent avant tout de la crédibilité, une valeur qui ne repose pas sur un simple document projet, mais sur la qualité de la personne qui le porte.
Pour étayer son argumentation, Claude Mbuyi s’est appuyé sur l’ouvrage du Dr Michel Muvudi, Ma vie est ma première entreprise, afin de livrer un message central, chaque jeune constitue sa toute première entité économique, sa personne physique, avant même de prétendre créer une entreprise commerciale. Ainsi, la transformation d’une opportunité financière en une activité pérenne exige un investissement massif dans le capital humain.
L’entrepreneur doit veiller à aligner ses grandes ambitions avec sa discipline quotidienne, en exploitant intelligemment les outils modernes tels que l’intelligence artificielle et le livre numérique pour renforcer ses aptitudes, bâtir une crédibilité solide et ouvrir les portes du financement.
|Par Jeanpy Kabongo Kambeta









