Des manifestations contre la taxe sur la plaque d’immatriculation ont dégénéré en violences et en actes de vandalisme à Lisala, le mercredi 21 octobre 2026. Le gouvernement provincial accuse des proches de Jean-Pierre Lihau et d’Aimé Molendo Sakombi d’avoir financé les troubles, des allégations qui devront être établies par les enquêtes en cours.
Par la Rédaction
La situation sécuritaire s’est fortement dégradée à Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, le mercredi 21 octobre 2026. Initialement présentée comme une mobilisation contre la taxe sur la plaque d’immatriculation, la manifestation a rapidement pris une tournure politique, avec des revendications exigeant notamment la démission du gouverneur Jean Collins Makaka.
La mobilisation a ensuite dégénéré en actes de violence et de vandalisme. Le siège de l’Assemblée provinciale a particulièrement été pris pour cible, tandis que plusieurs biens publics et véhicules ont subi des dégradations. Face à ces débordements, la Police nationale congolaise est intervenue pour rétablir l’ordre et interpeller des personnes présumées impliquées dans les violences.
Dans une déclaration officielle, le gouvernement provincial dénonce des troubles qu’il estime prémédités et accuse des proches du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ainsi que du ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, d’avoir participé à leur organisation et à leur financement. Ces accusations, qui mettent en cause des personnalités politiques nationales, restent à établir par les autorités judiciaires.
Prenant la parole au terme d’une réunion du conseil de sécurité, le porte-parole adjoint du gouvernement provincial, Fidèle Kahuma Bofamba, a affirmé que des militants de la Dynamique Jean-Pierre Lihau, des membres de la Fondation Molendo et des proches du sénateur Lingepo auraient pris part aux événements. Il les accuse notamment d’avoir distribué de l’argent à des individus pour s’attaquer à des infrastructures publiques.
« Des informations crédibles à notre disposition attestent de la présence massive des militants de la Dynamique Jean-Pierre Lihau qui habitent à Lisala, ainsi que de ceux venus de Bumba, des militants de la Fondation Molendo et des proches du sénateur Lingepo, qui ont distribué de l’argent à des voyous et inciviques », a-t-il déclaré.
Selon le bilan communiqué par le gouvernement provincial, les dégâts comprennent la destruction de biens au siège de l’Assemblée provinciale, la dégradation de la clôture de la résidence du Chef de l’État, des dommages causés aux véhicules du ministre provincial de l’Intérieur et du commissaire provincial de la Police, ainsi que la blessure du commandant de la police de la ville de Lisala. Le dépôt pharmaceutique de l’hôpital général de référence de Lisala et la prison 22 auraient également figuré parmi les cibles visées.
Le porte-parole adjoint a cité plusieurs personnes qu’il présente comme les présumés meneurs des troubles, notamment Kapiama Atshotsho, Mulumbe Guellor, Bumba Eric, Ngunde Eric, Nzonguma Patrick, Kuka Tozelaka et l’honorable Christian Ndonge.
Face à la gravité des faits, le gouvernement provincial affirme que des enquêtes sont en cours et prévient que les auteurs, coauteurs et complices présumés devront répondre de leurs actes devant les instances judiciaires compétentes. Il sollicite par ailleurs l’implication personnelle du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin que toute la lumière soit faite sur ces événements et que des sanctions soient prises, si les responsabilités sont établies, y compris à l’encontre de toute personne impliquée dans un éventuel financement des violences.
« Nous sollicitons l’implication personnelle du Chef de l’État dans les enquêtes, afin que la vérité soit manifestée et que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre des membres du gouvernement de la République qui auraient financé les hostilités et les troubles à l’ordre public », a insisté Fidèle Kahuma Bofamba.
Alors que la Mongala demeure confrontée à de fortes tensions politiques, ces événements relancent les interrogations sur les rivalités autour de la gestion de la province et la stabilité de ses institutions. Le gouvernement provincial assure, pour sa part, rester déterminé à préserver la paix, à restaurer l’ordre public et à poursuivre sa politique de développement intégral de la Mongala, sous le leadership du Président de la République.









