La bataille politique congolaise se déplace une nouvelle fois dans la rue. Ce mardi 22 septembre 2026, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) appelle ses militants et ses alliés à investir les rues de Kinshasa et de plusieurs villes du pays. Officiellement, cette marche vise à soutenir les institutions de la République, la loi référendaire ainsi que le Dialogue national annoncé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi. Mais au-delà de ces revendications, cette mobilisation apparaît surtout comme une réponse politique à la marche organisée une semaine plus tôt par la Coalition Article 64 (C64).
Le 15 septembre, la C64 avait mobilisé ses partisans à Kinshasa et dans plusieurs villes pour dénoncer tout projet de changement de Constitution et défendre l’ordre constitutionnel. La mobilisation avait donné lieu à des appréciations divergentes sur son ampleur.
Dans le camp présidentiel, certains responsables n’ont pas hésité à parler d’échec. « Il faut commencer par dire qu’ils ont échoué. Ils n’ont pas été en mesure de mobiliser 200 personnes avec 70 partis politiques. Ça, c’est le postulat de base », avait déclaré Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée nationale et cadre de l’UDPS.
Une semaine après, changement de décor. L’UDPS veut montrer qu’elle dispose, elle aussi, d’une capacité de mobilisation populaire. Dans les rues de la capitale comme dans les grandes villes du pays, le parti présidentiel entend afficher sa force militante et faire de cette journée un test grandeur nature de son implantation. Pour le camp présidentiel, l’enjeu est également de faire passer un message à l’opinion nationale et internationale sur le soutien dont bénéficie, selon lui, l’action du Président Félix Tshisekedi et les principales initiatives actuellement défendues par le pouvoir.
Pour préparer cette démonstration, Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, a multiplié les contacts. Dimanche, il a notamment rencontré plusieurs responsables religieux, parmi lesquels Pascal Mukuna de la communauté ACK et Léopold Mutombo du ministère Amen, deux personnalités connues pour leur proximité avec le pouvoir. Dans la rue, l’UDPS entend également s’appuyer sur les formations politiques alliées réunies au sein de l’Union sacrée de la Nation.
Deux camps, deux mobilisations, un même terrain : la rue. Après la démonstration de la C64 le 15 septembre, c’est désormais au tour de l’UDPS et de ses alliés de montrer leur capacité à mobiliser. Au-delà du nombre de manifestants, cette confrontation de mobilisations donnera surtout à voir les rapports de force politiques du moment autour de la Constitution, du référendum et du Dialogue national.
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