Le député national Flory Mapamboli, enseignant et spécialiste des finances publiques, tire la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire actuelle. Selon son analyse, les retards observés dans le paiement des salaires en République démocratique du Congo ne seraient pas liés à l’évolution du taux de change ni à l’appréciation monétaire, mais plutôt à une détérioration progressive de la trésorerie publique.
Dans ses observations, l’élu pointe la gestion financière sous le ministre des Finances Doudou Fwamba, affirmant qu’en janvier 2026, le Gouvernement de la République démocratique du Congo aurait exécuté des dépenses estimées à 2.670 milliards de francs congolais. Ce montant représenterait près du double de l’enveloppe normalement réservée aux salaires et aux charges de fonctionnement obligatoires prévues dans l’état liquidatif mensuel.
Le parlementaire s’interroge également sur la destination réelle de ces dépenses. Il estime que seule une clarification officielle du Ministère des Finances de la RDC pourrait éclairer l’opinion publique, rejetant l’idée que la responsabilité incombe à la Banque Centrale du Congo, dont le rôle principal demeure la régulation monétaire et financière.
L’analyse des données entre 2022 et 2026 révèle, selon lui, une tendance préoccupante. Alors que les années 2022 à 2024 montraient une gestion relativement maîtrisée de la trésorerie, avec même un excédent enregistré en janvier 2022, la situation aurait commencé à se dégrader à partir de 2025, marquée par un creusement rapide du déficit de trésorerie en début d’exercice budgétaire.
Enfin, l’expert souligne que la pression sur les finances publiques ne date pas d’aujourd’hui. Il note une hausse significative des dépenses sécuritaires depuis 2022, dans un contexte de défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays. Une évolution qui, selon lui, exige une meilleure priorisation budgétaire et une transparence accrue dans l’exécution des dépenses publiques.
|Rédaction









