L’ancien chef de l’État congolais, Joseph Kabila, est sorti de son silence à travers un message adressé à la nation, dans lequel il dresse un constat alarmant de la situation politique et institutionnelle en République démocratique du Congo. Plus d’un an après sa précédente prise de parole, il estime que le pays s’enfonce davantage dans une crise profonde, marquée par la dégradation du fonctionnement des institutions et l’érosion de la cohésion nationale.
Dans son message, l’ancien président dénonce une gouvernance qu’il qualifie d’autoritaire, liberticide et discriminatoire. Selon lui, le pouvoir en place s’écarte des principes démocratiques fondamentaux et viole les règles établies, contribuant ainsi à fragiliser davantage l’État. Il met en garde contre un risque d’implosion du pays, évoquant une possible « soudanisation » si aucune action corrective n’est entreprise rapidement.
Joseph Kabila pointe également du doigt la volonté prêtée aux autorités actuelles de modifier la Constitution. Il considère cette initiative comme une atteinte grave au pacte républicain, estimant qu’elle constitue une trahison du serment constitutionnel. Pour lui, il ne s’agit ni de rumeurs ni d’accusations infondées, mais d’un choix politique assumé par ceux qui exercent le pouvoir.
Face à ce qu’il décrit comme une dérive vers un régime sans limite et sans perspective d’alternance démocratique, l’ancien président alerte sur les conséquences d’un tel processus. Il compare la situation du pays à une « cocotte-minute » prête à exploser, en raison de l’absence d’espace démocratique et du malaise grandissant au sein de la population.
Dans ce contexte, Joseph Kabila appelle les Congolais à un sursaut national. S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, il rappelle que tout citoyen a le devoir de s’opposer à l’exercice illégal du pouvoir. Il invite ainsi à une mobilisation générale pour défendre la Constitution, les acquis démocratiques et l’avenir du pays, au-delà des clivages politiques, sociaux ou ethniques.
Enfin, l’ancien chef de l’État insiste sur la gravité des enjeux, qu’il estime dépasser les intérêts partisans. Selon lui, c’est la survie même de la nation et l’avenir des générations futures qui sont en jeu. Il conclut son message par un appel à l’unité, à la vigilance et à l’engagement collectif pour préserver la République démocratique du Congo et ses fondements démocratiques.
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