Le ministre provincial du Plan du Kasaï-Oriental a présenté, la semaine dernière, devant l’Assemblée provinciale, le Plan provincial de développement 2026-2030, soumis à l’examen des députés en vue de son adoption. Ce document est présenté comme un nouvel outil stratégique destiné à orienter les investissements et à soutenir le développement de la province.
Cependant, le débat général qui a suivi cette présentation a mis en lumière plusieurs insuffisances du document. Prenant la parole au nom du groupe parlementaire Congo Espoir, le député provincial Hilaire Ntendayi Tshibanda a relevé, preuves à l’appui, des similitudes avec un plan de développement élaboré en 2023 et accessible sur le portail du ministère national du Plan.
Le parlementaire a procédé à une comparaison de plusieurs passages des deux documents, estimant que le plan présenté par le gouvernement provincial serait une version à peine modifiée de celui de 2023. À titre d’illustration, il a notamment relevé que le nouveau document se réfère au Plan national stratégique de développement 2019-2023, alors qu’un nouveau cadre de planification couvrant la période 2024-2028 existe déjà.
Au-delà de ces similitudes, Hilaire Ntendayi a également dénoncé des données qu’il juge erronées ou dépassées dans plusieurs secteurs clés de la vie provinciale.
Dans le secteur minier, le document présente la Minière de Bakwanga (MIBA) comme une entreprise en difficulté et la Société anhui Congo d’investissement minier (SACIM) comme une société dont la production a été relancée. Une description que le député conteste, estimant qu’elle ne reflète pas suffisamment la situation actuelle de ces deux entreprises, confrontées à d’importantes difficultés opérationnelles.
Concernant les infrastructures routières, le plan décrit un réseau largement délabré, sans tenir suffisamment compte, selon l’élu, des différents projets de modernisation engagés ces dernières années sur les routes nationales, provinciales ainsi que dans la voirie urbaine.
Dans le domaine de l’éducation, plusieurs incohérences ont également été relevées. Le document évoque des écoles construites ou en cours de construction sans fournir, selon les observations du député, suffisamment de précisions sur les établissements concernés. Il affirme également que l’Université officielle de Mbujimayi est en construction, alors que les travaux de son bâtiment sont déjà achevés.
Autre point soulevé par Hilaire Ntendayi : le nombre de professeurs d’université recensés dans la province. Le plan avance le chiffre de 72 professeurs, alors que leur effectif dépasserait désormais la centaine, selon les données avancées par le parlementaire.
Le secteur sportif n’a pas échappé aux critiques. Le document met particulièrement en avant Sa Majesté Sanga Balende comme l’unique équipe représentative de la province. Une présentation jugée réductrice par le député provincial, qui a cité d’autres clubs, notamment l’AS Bantous, le FC Tshikas et l’Olympique de Mbujimayi, également engagés dans les compétitions sportives et contribuant au rayonnement du Kasaï-Oriental.
Au terme de son intervention, Hilaire Ntendayi, s’exprimant au nom du groupe parlementaire Congo Espoir, a appelé le gouvernement provincial à davantage de rigueur dans l’élaboration des documents stratégiques soumis à la représentation provinciale. Il a insisté sur la nécessité de présenter un plan cohérent, actualisé et fondé sur des indicateurs précis et vérifiables, afin de répondre efficacement aux besoins de la population et de renforcer l’attractivité de la province auprès des investisseurs.
Malgré ces observations, le Plan provincial de développement 2026-2030 a été déclaré recevable, sous réserve de l’intégration des amendements formulés par les députés. Le document a ainsi été transmis à une commission spéciale et temporaire chargée de l’examiner plus en profondeur avant la poursuite de la procédure parlementaire.
|Par Arsène MPUNGA









