Les États-Unis ont annoncé, mercredi 28 octobre 2026, des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society, accusés de soutenir les opérations du M23 (actuellement FRN) dans l’est de la République démocratique du Congo. Ces mesures s’inscrivent dans une série de sanctions américaines visant déjà l’armée rwandaise et plusieurs hauts responsables de Kigali.
Selon le département du tresor américain, le ministère rwandais de la Défense aurait supervisé le déploiement de soldats rwandais sur le territoire congolais, aux côtés du M23, avec des équipements militaires, un appui logistique et des formations.
De son côté, Zigama Credit and Savings Society est accusée d’avoir facilité des achats d’armes et de munitions destinées à l’armée rwandaise, ainsi que des transactions financières de plusieurs dizaines de millions de dollars au bénéfice du M23 et de l’Alliance du fleuve Congo (AFC). L’institution est également mise en cause dans le transport d’or provenant de zones minières contrôlées par le mouvement armé.
Les mesures prévoient notamment le gel des avoirs relevant de la juridiction américaine et l’interdiction générale des transactions impliquant les entités sanctionnées, sous réserve des exemptions ou autorisations prévues par la réglementation américaine.
Une série de sanctions déjà engagée
Ces nouvelles mesures ne constituent pas une première dans la politique de pression américaine sur Kigali.
Le 20 février 2025, Washington avait déjà sanctionné James Kabarebe, alors ministre d’État rwandais à l’Intégration régionale, en raison de son rôle présumé dans le soutien au M23.
Le 2 mars 2026, le département du Trésor avait franchi une nouvelle étape en sanctionnant les Forces de défense rwandaises (RDF), l’armée nationale du Rwanda, ainsi que quatre hauts responsables militaires : Vincent Nyakarundi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga et Stanislas Gashugi. Washington leur reprochait notamment leur implication dans les opérations menées aux côtés du M23 en territoire congolais.
En juin 2026, les autorités américaines avaient également pris des mesures contre des acteurs impliqués dans les circuits de contrebande de minerais de l’est de la RDC vers le Rwanda, ainsi que contre des commandants de groupes armés opérant dans la région.
Washington exige des actes de Kigali
À travers ces nouvelles sanctions, l’administration américaine entend accroître la pression sur le Rwanda pour qu’il mette fin à son soutien au M23 et retire ses troupes de l’est de la RDC.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a rappelé que Washington entendait faire respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 par les dirigeants congolais et rwandais.
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