La séance plénière prévue ce lundi 20 avril 2026 à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a été reportée ce dimanche soir. Dans un message officiel partagé par le rapporteur Jacques Ndjoli, plusieurs matières figuraient à l’ordre du jour, notamment l’examen et l’adoption du rapport de la commission PAJ relatif à la profession d’huissier de justice. Les députés devraient également se pencher sur la proposition de loi portant statut du personnel de l’enseignement supérieur ainsi que sur celle relative à la recherche scientifique.
Cependant, un point majeur brillait par son absence : la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo. Déposée la semaine dernière par un groupe d’une cinquantaine de députés nationaux, cette initiative n’apparaît pas à l’ordre du jour, alors que le règlement intérieur prévoit son examen dans un délai de 48 heures après son dépôt.
Selon plusieurs sources internes, cette omission serait loin d’être anodine. Des divergences profondes agitent la majorité au pouvoir, où deux camps s’opposent sur l’opportunité de traiter cette motion. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, serait actuellement en pleine phase d’arbitrage afin d’éviter que cette affaire ne se transforme en crise politique ouverte, dépassant le cadre parlementaire.
De son côté, l’initiateur de la motion, le député Yango Tikala Laddy, multiplie les interventions médiatiques pour défendre sa démarche. Il reproche à Jacquemain Shabani une gestion jugée défaillante, marquée notamment par la recrudescence de la criminalité urbaine, l’insécurité persistante et l’instabilité de certaines institutions provinciales.
En revanche, les proches du vice-Premier ministre dénoncent une initiative à caractère politique visant à fragiliser l’un des piliers du régime du Président Félix Tshisekedi. Ils mettent en avant un bilan qu’ils estiment globalement positif, fondé sur des réformes structurelles appelées à produire des effets durables sur la sécurité et la gouvernance territoriale.
À ce stade, selon plusieurs indiscrétions, Jacquemain Shabani demeure en position de force. Même en cas d’examen de la motion, ce cadre influent de l’UDPS bénéficierait encore du soutien d’une majorité de députés nationaux, rendant incertaine toute tentative de remise en cause de son maintien au gouvernement.
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