À Kinshasa, la conférence de presse du Président Félix Tshisekedi continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Plusieurs figures de l’opposition dénoncent ce qu’elles considèrent comme une ouverture à un troisième mandat, pourtant interdit par la Constitution.
Parmi les premières voix à s’élever, Jean-Marc Kabund a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Il estime que les propos du chef de l’État traduisent une « insouciance » face aux difficultés que traverse le pays. « Notre nation s’enfonce davantage dans l’incertitude, notre démocratie est en péril », a-t-il déclaré, appelant le peuple congolais à se mobiliser pour « sauver le pays ».
Même son de cloche du côté de Delly Sesanga, qui accuse le président de vouloir « manœuvrer à découvert pour un troisième mandat par plébiscite ». Pour lui, une telle orientation risquerait de plonger la RDC dans un nouveau cycle de tensions politiques et institutionnelles.
Dans un discours empreint de gravité, Sesanga a appelé les forces démocratiques à faire barrage à toute tentative de « personnalisation du pouvoir ». Il a également invoqué l’héritage de Patrice Emery Lumumba, rappelant que « le Congo est un grand pays » qui exige de ses dirigeants « grandeur, dignité et respect de la Constitution ».
De son côté, Francine Muyumba, fidèle parmi les fidèle de Joseph Kabila, fustige une manœuvre dangereuse du régime de pouvoir s’éterniser au pouvoir.
« Il est aussi clair que le maintien de la situation sécuritaire préoccupante est devenu, un instrument politique permettant au régime de l’UDPS de chercher à confisquer le pouvoir au-delà des mandats constitutionnels. D’où le rejet persistant d’un dialogue national inclusif pourtant indispensable pour restaurer la paix, la stabilité et la cohésion nationale », écrit l’ancienne sénatrice.
Même son de cloche du côté de Seth Kikuni, porte-parole de la plateforme Sauvons le Congo, qui appelle à l’union de « l’opposition armée et non armée » face au pouvoir en place.
Ces réactions interviennent au lendemain des déclarations de Félix Tshisekedi affirmant ne pas être demandeur d’un troisième mandat, tout en indiquant qu’il pourrait « accepter » si telle était la volonté du peuple. Un positionnement qui alimente désormais le débat politique et ravive les tensions autour du respect de la Constitution et de l’alternance démocratique en République démocratique du Congo.
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