La situation politique dans la province de la Mongala suscite de plus en plus d’inquiétudes. Alors que l’ONG « Soutenons l’État de droit » (SED) a récemment dénoncé des faits graves liés à des violences politiques et à des manipulations institutionnelles dans le territoire de Bumba, de nouvelles révélations viennent renforcer le climat de suspicion autour d’une possible déstabilisation organisée des institutions provinciales.
Depuis l’ouverture de la session de mars 2026 à l’Assemblée provinciale de la Mongala, plusieurs sources évoquent un plan concerté visant à provoquer le départ du gouverneur Jean Collins Makaka, pourtant membre de l’UDPS, la même famille politique que certains acteurs nationaux impliqués dans ces tensions. Selon ces témoignages, le Vice-Premier ministre de la fonction publique Jean-Pierre Lihau serait l’homme orchestre de cette tension permanente, dans le but de protéger et favoriser le vice-gouverneur, son protégé. Ces sources confirment qu’il avait convié à Kinshasa plusieurs députés provinciaux dans un contexte où le remplacement du gouverneur aurait été discuté en coulisses.
Au cœur de ces manœuvres présumées, le rôle du vice-gouverneur apparaît central. Celui-ci aurait bénéficié de garanties quant à sa réhabilitation par la Cour constitutionnelle après sa saisine. Quelques jours plus tard, cette réhabilitation est effectivement intervenue, alimentant davantage les soupçons d’ingérence politique dans un processus judiciaire censé être indépendant.
Dans la foulée, une rencontre avait été organisée à Kinshasa à l’initiative du VPM Lihau, avec le gouverneur, le vice-gouverneur, certains parlementaires nationaux et provinciaux proches réputés proches de ce membre du gouvernement. À cette occasion, le gouverneur avait été invité à collaborer avec son adjoint. S’il a affirmé n’avoir aucun différend personnel avec ce dernier, il a toutefois rappelé que celui-ci faisait face à des poursuites judiciaires. Malgré cela, il avait accepté de regagner Lisala dans un esprit d’apaisement et dans l’intérêt de la population.
Mais sur le terrain, la situation s’est rapidement détériorée. À son retour, le vice-président de l’Assemblée provinciale et président fédéral de l’UDPS/Mongala, qui s’était opposé à toute tentative de destitution du gouverneur, a été évincé lors d’une plénière à travers une motion incidentielle. Un épisode qui, pour plusieurs observateurs, illustre la pression exercée sur les institutions provinciales.
Sur le plan institutionnel, la crise s’est accentuée avec le vote, le 13 mai 2026, d’un réquisitoire autorisant des poursuites contre le vice-gouverneur. Adoptée par 16 voix contre 4, cette décision impliquait sa démission. Pourtant, plusieurs jours après, l’intéressé ne s’est toujours pas exécuté, continuant même à revendiquer ses fonctions, malgré les rappels du comité provincial de sécurité.
Dans ce climat tendu, certains élus nationaux et sénateurs proches de Jean-Pierre Lihau continueraient à défendre le vice-gouverneur, accusant le gouverneur de refuser de collaborer. Une position contestée par plusieurs acteurs locaux, qui rappellent que les démêlés judiciaires du vice-gouverneur constituent un obstacle majeur à une gestion apaisée de la province.
Parallèlement, des tensions ont dégénéré récemment en violences dans le territoire de Bumba. Des militants de l’UDPS favorables à la révision constitutionnelle avaient été attaqués lors d’une marche de soutien au chef de l’État, causant d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés. Ces incidents font écho aux accusations contenues dans la correspondance de l’ONG SED, qui évoquait déjà des actes d’intimidation et de violence politique dans la région.
Face à cette escalade, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la retenue et au respect des institutions. L’exigence d’une gouvernance stable et conforme aux principes de l’État de droit devient urgente dans une province déjà fragilisée par des tensions politiques persistantes.
Dans ce contexte, l’appel est clair : les responsables politiques, en particulier ceux originaires de la Mongala, sont invités à privilégier la stabilité des institutions et à s’aligner sur la vision du Chef de l’État, afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles.
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