Le député national Peter Kazadi a livré une réflexion nuancée sur l’évolution de la position de l’Église du Christ au Congo (ECC) dans le débat sur les réformes constitutionnelles en République démocratique du Congo. Dans une déclaration à tonalité analytique, l’élu de l’UDPS reconnaît le rôle historique et l’apport de cette institution religieuse, tout en mettant en lumière les ajustements récents de sa posture.
Selon Peter Kazadi, l’ECC, autrefois engagée aux côtés de l’Église catholique dans la promotion d’un double dialogue – à la fois national et régional impliquant la RDC et ses voisins – semble aujourd’hui privilégier une approche davantage centrée sur le dialogue interne. Une orientation qui s’inscrit, d’après lui, dans le respect des mécanismes internationaux et régionaux de paix, notamment ceux portés par l’Union africaine et les processus diplomatiques en cours.
S’agissant de la question sensible de la révision ou du changement de la Constitution, le député se dit favorable à la recherche d’un consensus national. Il tient cependant à préciser que le consensus, en démocratie, ne saurait être assimilé à l’unanimité, mais plutôt à une convergence majoritaire autour d’une vision commune de l’intérêt général.
Toutefois, Peter Kazadi constate une fracture profonde au sein de la classe politique congolaise. Il évoque l’existence de deux blocs opposés : l’un défendant un agenda strictement national, et l’autre perçu comme porteur d’intérêts d’inspiration étrangère. Face à cette polarisation, il s’interroge sur la possibilité réelle de parvenir à un consensus suffisamment large.
Dans ce contexte, l’élu estime que le recours au peuple devient une option incontournable. Il propose ainsi l’organisation d’un référendum, qu’il considère comme l’expression la plus aboutie de la souveraineté populaire. « Lorsque les élites politiques échouent à s’accorder sur une question fondamentale, il revient au peuple de trancher », soutient-il.
Pour Peter Kazadi, le référendum ne doit pas être interprété comme un aveu d’échec du dialogue politique, mais comme son prolongement démocratique naturel. Il insiste sur le fait que la décision finale concernant l’avenir institutionnel du pays ne peut appartenir ni à une élite politique divisée, ni à des intérêts particuliers ou extérieurs, mais bien à l’ensemble des citoyens congolais.
En définitive, le député appelle à replacer le peuple au centre du processus décisionnel. Il rappelle que dans une démocratie, la souveraineté nationale appartient avant tout aux citoyens, seuls habilités à décider de leur destin collectif lorsque les divergences politiques deviennent irréconciliables.
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