L’auditorium du Fleuve Congo Hôtel a servi de décor, ce lundi 4 mai 2026 , à un événement législatif majeur pour la République Démocratique du Congo. Le député national Tobie Kayumbi a officiellement présenté sa proposition de loi visant à modifier et compléter la Loi n°78/022 du 30 août 1978, portant sur le Code de la route.
En présence de nombreux députés nationaux, des représentants des membres du gouvernement et d’autorités politico-administratives du secteur des transports, l’élu a exposé l’urgence de cette réforme pour un texte qui n’a pas évolué depuis près d’un demi-siècle.
L’exposé a mis en lumière l’obsolescence du cadre actuel. Alors qu’en 1984, Kinshasa ne comptait que 77 000 véhicules, les statistiques de 2025 atteignaient 2 millions de voitures et plus de 6 millions de motos. Ce dernier mode de transport, les « Wewa », est d’ailleurs totalement absent du code de 1978 pour ne citer que cela.
De plus, l’infrastructure routière de la capitale reste précaire sur un réseau de 3 600 km, seulement 700 km (moins de 20%) sont asphaltés, le reste étant constitué de routes en terre battue, souvent impraticables.
Pour répondre à cette explosion du parc automobile et à l’incivisme croissant, la réforme propose plusieurs piliers à savoir:
• L’intégration de nouveaux concepts liés à la circulation routière, prenant en compte l’évolution des pratiques urbaines ;
• La requalification des agents de circulation, accompagnée de nouvelles règles encadrant leurs interventions ainsi que leur formation continue ;
• Le renforcement des mesures de sécurité routière, notamment en matière de manœuvres, de changements de direction et de comportement des usagers ;
• L’introduction de dispositions spécifiques pour les piétons, les motards, les cyclistes, ainsi que pour les tricycles, quadricycles et véhicules de transport public ;
• La réglementation du temps de conduite et de repos dans le transport routier, ainsi que l’instauration des barrières de pluie ;
• La révision des conditions de mise en circulation des véhicules, incluant l’encadrement des contrôles techniques ;
• L’introduction de nouvelles règles relatives au permis de conduire et au contrôle routier ;
• L’institutionnalisation de l’enseignement de la conduite automobile et de la sécurité routière ;
• Des mesures strictes concernant le retrait ou la suspension du permis, l’immobilisation des véhicules et leur mise en fourrière ;
• Enfin, la révision à la hausse des amendes, désormais libellées en francs congolais, avec un objectif clairement dissuasif.

L’examen approfondi de cette proposition de loi va débuter ce mardi 5 mai à la grande commission ATI-NTIC de l’Assemblée nationale, où plusieurs experts sont conviés pour apporter leurs contributions.
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