À Kinshasa, le climat politique s’est brusquement tendu ce mercredi 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire Ensemble pour la République a annoncé la suspension de sa participation aux plénières consacrées à l’examen de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration lue par son président, Christian Mwando, le groupe parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « forcing » de la majorité au pouvoir, issue de l’Union sacrée de la nation, en vue de changer la Constitution « en violation des articles 219 et 220 ».
Selon Ensemble pour la République, l’examen de cette proposition de loi ne constituerait qu’une « étape vers la réalisation d’un dessein macabre », visant notamment à modifier le nombre et la durée des mandats du président de la République, ainsi qu’à réduire les compétences des provinces. Le groupe d’opposition estime que ces initiatives pourraient ouvrir la voie à « la consécration d’une dictature ».
Dans son argumentaire, l’opposition évoque également le contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est du pays, marqué par la présence de groupes armés, dont les rebelles et les ADF, ainsi que par l’implication de forces étrangères. Elle rappelle que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont toujours sous état de siège, avec des conséquences humanitaires graves, notamment des millions de déplacés.
Face à cette situation, Ensemble pour la République affirme que les priorités des Congolais restent « l’intégrité du territoire, la paix, l’unité nationale et le développement », et juge toute initiative de révision constitutionnelle « suicidaire pour l’unité du pays ».
Le groupe parlementaire appelle ainsi le président de la République, Félix Tshisekedi, en sa qualité de garant de la Constitution, à « arrêter ses initiatives » qu’il accuse de légitimer indirectement la rébellion dans l’Est du pays. Il invite par ailleurs le peuple congolais à « s’opposer à ce projet macabre et dangereux pour la survie de la nation ».
Dans une tonalité plus grave, Ensemble considère la démarche en cours comme « un complot ourdi contre la Constitution » et met en garde contre un risque de « balkanisation » du pays. Il affirme enfin laisser le régime « seul devant sa conscience et devant l’histoire » pour assumer les conséquences de ses actes.
Pendant ce temps, au sein de l’hémicycle, la majorité parlementaire poursuit le processus législatif. L’Assemblée nationale a adopté le rapport de la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ) sur la proposition de loi relative au référendum, moyennant amendements. Une nouvelle plénière est attendue pour l’examen et l’adoption article par article de ce texte initié par le député Ngondankoy.
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