En République démocratique du Congo, l’opposition a appelé à une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin 2026, afin de protester contre la loi sur le référendum ainsi que le projet de révision de la Constitution. Cependant, ce mot d’ordre a été faiblement suivi dans plusieurs villes du pays, même si, dans certaines provinces, les activités ont tourné au ralenti.
Kinshasa, une capitale timide
Mégapole de près de 20 millions d’habitants, Kinshasa est habituellement caractérisée par son activité intense, ses embouteillages interminables et son agitation permanente. Pourtant, ce mercredi matin, la capitale a présenté un visage relativement timide.
Du boulevard du 30 Juin à l’avenue 24 Novembre, en passant par le boulevard Lumumba jusqu’au By-pass, très peu de véhicules personnels étaient visibles en circulation. En revanche, les bus, taxis-bus et motos-taxis ont continué à circuler normalement.
Les grands centres commerciaux et marchés – notamment le Grand Marché Zando, Gambela, le marché de la Liberté, la place Victoire ou encore le rond-point Gambela – ont ouvert progressivement leurs portes. C’est autour de midi que les activités ont repris un rythme presque normal.
Dans la capitale, plusieurs écoles sont restées fermées, en particulier celles du réseau catholique.
Une RDC à deux visages
À l’intérieur du pays, l’appel à la « ville morte » a connu un écho variable selon les régions et les sensibilités politiques.
Dans les régions du centre (Kasaï), de l’ouest (Grand Bandundu, Kongo Central), ainsi que dans le nord et le nord-est (Grand Équateur, Grande Orientale), les activités se sont déroulées normalement. Écoles, marchés et administrations ont fonctionné dès les premières heures de la journée.
En revanche, dans le sud-est (Grand Katanga) et dans certaines zones de l’est du pays, notamment à Beni et Butembo, la journée a pris des allures de jour férié ou de dimanche. À Butembo, des partisans de l’opposition sont même descendus dans la rue avant d’être dispersés par la police.
Un premier test difficile pour l’opposition
Cette journée « ville morte » est présentée par l’opposition comme la première d’une série d’actions visant à s’opposer au projet de changement de la Constitution. Sur les réseaux sociaux, Delly Sesanga, l’un des leaders de la coalition C64, a revendiqué le succès de cette mobilisation : « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit.
Toutefois, cette autosatisfaction contraste avec la réalité observée à l’échelle nationale. Selon certains analystes, pour contraindre le régime de Félix Tshisekedi à reculer, l’opposition devra instaurer un véritable rapport de force à travers des mobilisations populaires d’envergure.
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