La justice congolaise dans la province de la Tshopo est accusée de céder aux pressions politiques après la condamnation, ce jour, de Jedidia Mabela, militant et critique du gouvernement provincial, à six mois de prison ferme. Le Tribunal de Paix (Tripaix) de Kisangani/Makiso a statué sur le chef d’accusation de «propagation de faux bruits» à l’issue d’un procès qualifié « d’expéditif » par ses soutiens.
Selon une déclaration virulente émise par la LUCHA, son véritable « crime » serait d’avoir publiquement appelé l’Assemblée provinciale à exercer son rôle de contrôle face à ce que le groupe dénonce comme une « gestion opaque du gouvernement provincial » de la Tshopo. L’entourage du militant dénonce fermement la décision, la qualifiant « d’honteuse, scandaleuse et profondément inique« .
Cette condamnation est injuste et politique, affirme la déclaration, qui y voit une nouvelle illustration de la dérive autoritaire d’un pouvoir qui préfère bâillonner ses critiques plutôt que de rendre des comptes. Le communiqué publié sur la page officielle du mouvement met directement en cause le pouvoir exécutif provincial, indiquant que le procès aurait été mené sous la pression du gouverneur de la Tshopo.
Ces allégations de pressions politiques sur le système judiciaire provincial soulignent les inquiétudes persistantes concernant l’indépendance de la justice en République Démocratique du Congo. Jedidia Mabela, dont le sort rappelle celui d’autres figures critiques, a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel auprès du Tribunal de Grande Instance.
Ses soutiens espèrent que cette juridiction supérieure saura dire le droit et résister aux pressions politiques du gouverneur. Malgré le verdict, le groupe de pression LUCHA a réaffirmé sa détermination, soulignant que cette décision renforce au contraire leur détermination à poursuivre le combat pour un Congo véritablement paisible, prospère et libre, où les citoyens ne sont pas criminalisés pour leurs opinions légitimes.
|Par Jeanpy KABONGO KAMBETA









